« Notre société a besoin d’un lobby des savoirs », affirme Adèle Thorens à l’occasion de la soirée d’inauguration de CLIMACT 

Posted on October 8, 2021

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La Conseillère aux Etat verte vaudois s’est adressée chaleureusement à la quarantaine d’invités réunis le 7 octobre au soir pour célébrer le lancement officiel du Centre. Elle a évoqué la complexité inhérente à la communication de certaines lois comme celle sur le CO2 et souligné le rôle indispensable des scientifiques pour le monde politique et le développement de solutions communes.

Il est 18h et la soirée s’annonce festive. Un air de jazz manouche, une délicieuse odeur de châtaignes grillées et du vin pétillant local. Au cœur du Vortex, tout est prêt pour accueillir la quarantaine de membres du comité exécutif et du comité de pilotage CLIMACT pour une brisolée automnale. 

Après deux ans de réflexions et d’échanges entre plus d’une centaine de chercheurs, cadres dirigeants et professeurs de l’UNIL et de l’EPFL, le Centre pour l’impact et l’action climatique a enfin vu le jour en janvier 2021. Ce 7 octobre a marqué son inauguration officielle, l’occasion de remercier toutes celles et ceux qui ont rendu possible ce projet, grâce à leur vision et à leur persévérance. 

« Vous aviez sans doute tous.tes vos propres bonnes raisons de vous embarquer dans ce projet. Peut-être avez-vous estimé comme moi, que c’était là votre contribution à une société plus durable et juste », déclare Nicolas Tetreault, Directeur exécutif de CLIMACT avant de rappeler les objectifs du centre et présenter sa nouvelle équipe

C’est ensuite au tour de Julia Steinberger, Directrice académique CLIMACT et professeure à l’UNIL, de souligner les nombreuses contributions individuelles qui ont porté le projet et de se réjouir de cette rencontre en chair et en os après de longs mois d’échanges par écrans interposés.  

« Tout a commencé à San Francisco, dans un restaurant japonais », poursuit Michael Lehning, le second Directeur académique CLIMACT. Zéro souvenir de ce qu’il a bien pu y manger, seule lui reste en mémoire l’évidence absolue qu’a représenté CLIMACT à ses yeux ce soir-là. « Il y avait urgence de créer un centre opérationnel qui puisse accélérer l’atténuation du changement climatique en apportant des solutions concrètes et en créant de la visibilité autour du travail des scientifiques. Nous avons aujourd’hui deux ans pour prouver que nous pouvons lancer des projets et atteindre cet objectif ! », explique celui qui est également professeur à l’EPFL

Puis, vient le moment tant attendu du discours d’Adèle Thorens, invitée d’honneur. C’est avec simplicité et passion qu’elle s’adresse à l’audience.  Ancienne doctorante en philosophie et politiques publiques de l’UNIL, elle explique son choix d’alors de quitter la recherche pour la politique : « J’ai ressenti une grande frustration. Je pouvais certes écrire des textes académiques, mais seuls quelques spécialistes les liraient, et ils n’auraient finalement aucun impact sur le monde qui m’entourait. » Pour elle, la valeur ajoutée de CLIMACT réside clairement dans le fait de donner « un sens aux efforts scientifiques quotidiens. » 

Alors, en quoi notre société a-t-elle besoin d’un lobby des savoirs ? 

« Le fait que la recherche implique de nombreuses incertitudes et que le discours scientifique s’inscrive dans le cadre de l’état actuel des connaissances, est certainement un désavantage, face au confort des approches idéologiques, sans même parler des phénomènes populistes ou des fake news », confie la Conseillère aux Etats. Sa vision du rôle d’un lobby des savoirs : « Littéralement de nourrir le débat public et les processus décisionnels avec des contenus scientifiques. » 

 « Nous savons, et de ce savoir découle directement un impératif, celui d’agir pour éviter l’irréparable », conclut Adèle Thorens, encourageante, avant de lancer : « Longue vie à CLIMACT ! » sous un tonnerre d’applaudissements. 

A 19h30, juste avant d’annoncer l’ouverture du buffet, l’assemblée a retiré et séquestré collectivement près d’une tonne de CO2. C’est le cadeau immatériel « Climeworks » que l’équipe CLIMACT a offert à ses convives, marquant ainsi la première action commune vers un monde climatiquement plus positif ! 

« Tu dois, car tu sais, car tu peux. Nous savons, et de ce savoir découle directement un impératif, celui d’agir pour éviter l’irréparable. »

– Adèle Thorens

Pour en savoir plus : 

Interviews de Julia Steinberger dans l’Uniscope : « Des solutions pour vivre décemment avec moins d’énergie » et dans le Courrier «Il faut parier sur la colère des peuples»